« Moi » ou « Nous » : cohésion d'équipe et efficacité au travail après la COVID-19

Une femme est assise à une table en bois dans une cuisine et sourit en regardant un ordinateur portable ouvert. Des cahiers, un téléphone et des post-it sont posés sur la table.

Par Mallory Arnold

Le mot d'ordre des travailleurs après la quarantaine semble être : « Travaillez là où vous êtes le plus efficace », ce qui signifie que l'efficacité peut se manifester n'importe où, que le salarié travaille depuis son domicile, dans un café ou au bureau.

Cette phrase illustre parfaitement la priorité que les Américains accordent à la culture individualiste par rapport à la culture collective. Remplacez le mot « vous » par « votre organisation » et vous obtenez : « travaillez là où votre organisation est la plus efficace ». L'efficacité individuelle ne doit pas se faire au détriment de l'organisation. Les organisations reposent sur une culture collective, elles sont constituées d'équipes au sein d'équipes. Il faut toujours privilégier l'efficacité des équipes plutôt que celle des individus.

Cependant, la population active américaine est en pleine mutation. Et ce phénomène avait déjà commencé bien avant la pandémie. Celle-ci n’a fait qu’amplifier une dynamique déjà en évolution dans la manière dont les Américains travaillent. Avant même la « Grande Démission » liée à la COVID, on assistait à l’essor de l’économie des petits boulots, déclenché par le déclin du dynamisme du marché du travail américain. Les gens ont fondamentalement changé leur façon de concevoir la gestion de leur vie, de leur emploi du temps et de leur travail.

Selon une étude réalisée par McKinsey, environ 20 % des salariés pourraient travailler à distance trois à cinq jours par semaine avec la même efficacité qu’au bureau. L’étude analyse ensuite la productivité en fonction des activités présentant le plus grand potentiel de télétravail et celles présentant le plus faible. Sans surprise, les tâches offrant le plus grand potentiel de télétravail comprenaient les séminaires en ligne et l’utilisation d’ordinateurs, tandis que les emplois nécessitant une collaboration avec des produits physiques et d’autres personnes offraient le moins de possibilités de télétravail.

Forces, faiblesses, opportunités et menaces. À l’école de commerce, on nous apprend à transformer les faiblesses en forces et les menaces en opportunités. La pandémie a certes constitué une menace sérieuse pour le « statu quo », mais elle a également offert aux entreprises l’opportunité de mesurer de manière quantifiable la productivité des équipes, sans se laisser influencer par la simple présence physique au bureau. La mesure de l’efficacité organisationnelle se résume souvent à la production. Qu’est-ce que l’efficacité, sinon la capacité à produire avec succès ?

Authenticité. Les entreprises ne devraient pas déplorer la perte apparente de la culture d’équipe dans un environnement virtuel. La pandémie a permis aux équipes de mieux cerner la véritable personnalité de chacun, renforçant ainsi notre empathie et notre volonté de soutenir l’équipe dans son ensemble. Il existe de nombreuses bonnes pratiques pour constituer des équipes à distance au sein d’un effectif dispersé.

Un formidable facteur d’égalisation. Le télétravail est devenu, à certains égards, un formidable facteur d’égalisation, car désormais, l’efficacité tant organisationnelle qu’individuelle se mesure à l’aune de la productivité. Le travail, c’est avant tout une question de production. Les salariés ne peuvent plus dissimuler leur manque de productivité derrière la machine à café. Les préjugés inconscients (âge, genre, origine ethnique, apparence physique, voire engagement perçu) qui peuvent découler de la simple présence physique d’un salarié au travail sont minimisés dans un environnement virtuel.

Des efforts d'équipe adaptés. Le télétravail permet aux dirigeants de concentrer les efforts de l'équipe sur ce qui est stratégiquement important. Nous avons ainsi la possibilité de rééquilibrer la situation où « 20 % des effectifs fournissent 80 % des efforts » et d'assurer une répartition équitable de la production au sein de l'équipe.

Tirez le meilleur parti des interactions en présentiel. Les séminaires hors site, les activités de cohésion d'équipe et les formations en présentiel s'avèrent aujourd'hui plus fructueuses, car l'équipe tire pleinement parti du temps limité passé ensemble en face à face. Privilégier la qualité à la quantité signifie des rencontres en présentiel moins fréquentes, mais plus efficaces.

Tirez parti de la technologie. Les entreprises peuvent exploiter les technologies de suivi qui fournissent des indicateurs sur l'heure à laquelle les employés commencent à travailler, le temps qu'ils consacrent à certaines tâches ou la durée d'inactivité de leur ordinateur. Ces outils permettent de mieux cerner les performances des employés et le niveau de productivité de chacun.

Les consultants indépendants. Les données de l’IRS concernant le nombre de formulaires W-2 et 1099-MISC émis permettent de mettre en lumière l’évolution de la main-d’œuvre américaine. On observe une augmentation significative du pourcentage de formulaires 1099-MISC émis depuis l’année 2000. Et contrairement à une idée reçue, cela n’est pas dû à l’économie des petits boulots. La hausse significative de la main-d'œuvre déclarée sur des formulaires 1099 a commencé près d'une décennie avant la création d'Uber en 2009 et celle d'Airbnb en 2008. Selon un article publié par le Mercatus Center de l'université George Mason, cette tendance s'explique par un déclin du dynamisme, c'est-à-dire par une baisse des taux de création et de destruction d'emplois bruts, sur le marché du travail américain.

Pour conclure, les entreprises américaines doivent s'adapter à cette évolution du « moi » vers le « nous », tout en continuant à disposer d'un personnel compétent et productif et à entretenir une culture d'entreprise capable d'attirer les meilleurs candidats. Le télétravail offre de nombreuses opportunités susceptibles d'améliorer l'efficacité et la productivité.


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