Faire face à la menace des drones : technologie, politiques et perspectives d'avenir (2e partie)

par Seth Eaton, vice-président chargé de l'innovation technologique chez Amentum

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Bienvenue à nouveau dans « What the Tech ? », où nous découvrons comment Amentum propose des solutions d’ingénierie et technologiques de pointe pour relever les défis les plus urgents de notre époque. Dans notre dernier épisode, nous avons poursuivi notre entretien avec Kris Meyer, directeur mondial de la lutte contre les systèmes aériens sans pilote chez Amentum. Si vous avez suivi la première partie de notre série « Faire face à la menace des drones », vous avez découvert les risques croissants posés par les drones et ce que signifie réellement la lutte contre les systèmes aériens sans pilote (C-UAS). Dans cette deuxième partie, nous avons approfondi le sujet en examinant les obstacles politiques, les complexités techniques et les perspectives d’avenir en matière de défense contre ces menaces en constante évolution.

Les obstacles concrets : risques, ressources et réglementation

L'un des principaux défis liés au déploiement de la technologie C-UAS ? Il s'agit avant tout de trouver un équilibre constant entre les risques et les ressources. Comme l'a souligné Kris, les dirigeants doivent avant tout comprendre les menaces spécifiques auxquelles ils sont confrontés, car cette compréhension guide les décisions budgétaires et les stratégies de déploiement. Et malheureusement, la menace n'est pas seulement d'ordre technique, elle est également d'ordre juridique et politique.

La législation fédérale actuelle considère les drones comme des aéronefs, ce qui impose des restrictions strictes quant aux personnes habilitées à intervenir contre eux. À l'heure actuelle, seules quatre agences fédérales – le ministère de la Défense (DoD), le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), le ministère de la Justice (DOJ) et le ministère de l'Énergie (DOE) – sont légalement habilitées à contrer les menaces liées aux drones. Cela signifie que votre shérif local ne peut pas intercepter un drone, même s'il survole les environs de manière suspecte. Ce cadre juridique, combiné à la difficulté de distinguer les drones inoffensifs des drones hostiles (s'agit-il d'une entreprise de services publics inspectant des lignes électriques ou d'une menace de surveillance ?), rend la situation d'autant plus complexe.

Adéquation et évolutivité : il n'existe pas de solution universelle

Kris a souligné l'importance du contexte. Ce qui fonctionne dans un désert à perte de vue peut s'avérer inefficace dans une zone urbaine densément peuplée ou au-dessus d'une étendue d'eau. Les organismes ont besoin de solutions adaptées aux différents types de terrain, aux budgets et aux exigences opérationnelles. Au-delà de la simple efficacité, les décideurs doivent également évaluer la facilité avec laquelle ces systèmes peuvent être maîtrisés, entretenus et intégrés entre les différents organismes.

C'est là qu'Amentum excelle, en mettant à profit les enseignements tirés de son soutien aux expérimentations menées par les commandements de combat (Cocom), aux laboratoires de guerre du Département de la Défense (DoD) et à la R&D sur le terrain. Nous rassemblons les connaissances issues de tous les domaines d'intervention pour proposer des solutions complètes et évolutives.

La technologie sur la voie rapide

À mesure que les drones deviennent plus intelligents, plus petits et plus autonomes, les technologies anti-drones s'efforcent de suivre le rythme. L'intelligence artificielle est au cœur d'une grande partie de ces avancées, qu'il s'agisse d'une détection plus précise des signaux ou d'une vision par ordinateur avancée capable de faire la différence entre un oiseau et un drone DJI.

Les systèmes radar s'améliorent, mais la détection des drones légers à longue distance reste un défi. Le secteur s'efforce d'étendre la portée de détection effective à 10 miles et au-delà. Parallèlement, les systèmes de caméras et les capteurs RF sont optimisés grâce à l'intelligence artificielle et à l'apprentissage automatique afin d'améliorer leur précision, leur réactivité et leur endurance sur le terrain.

Parmi les outils émergents les plus fascinants, on peut citer :

  • Des drones de capture par filet qui interceptent physiquement les drones hostiles en plein vol
  • Falsification des signaux GPS pour semer la confusion dans les systèmes ennemis
  • Les micro-ondes et les lasers à haute puissance (même si leur utilisation est souvent limitée par des contraintes de sécurité et des restrictions réglementaires)
  • Outils de perturbation acoustique qui nuisent à la stabilité en vol

Ce que l'avenir nous réserve

Pour l’avenir, Kris a brossé le tableau d’un monde envahi par les drones, où des essaims de systèmes autonomes, éventuellement dépourvus de tout signal radio, poseraient un défi encore plus ardu. Cela rendrait les méthodes traditionnelles de détection et d’atténuation de plus en plus difficiles à mettre en œuvre. C’est pourquoi la recherche et le développement ne doivent pas s’arrêter, et la collaboration entre les agences et les organisations est essentielle.

On pourrait également voir apparaître davantage de solutions de protection passives, telles que des cages physiques, des toitures au-dessus des sites en plein air ou des barrières conçues pour empêcher les drones d’atteindre des lieux sensibles. À l’avenir, il ne s’agira plus seulement d’« arrêter » les drones, mais plutôt de concevoir des environnements qui rendent les menaces liées aux drones inopérantes dès le départ.

L'appel à la collaboration

Kris a conclu cet épisode par un rappel fort : la seule façon de garder une longueur d'avance, c'est d'agir ensemble. Aujourd'hui, les efforts de R&D sont souvent cloisonnés, ce qui limite leur efficacité. Il est essentiel de briser ces cloisonnements et de partager les connaissances entre les pouvoirs publics et le secteur privé pour évoluer plus vite que la menace.

Alors que le secteur des systèmes anti-drones (C-UAS) ne cesse d’évoluer, Amentum s’engage à jouer un rôle de premier plan en s’appuyant sur l’innovation, l’intégrité et la perspicacité. Nous continuerons à mettre en relation les parties prenantes, à faire progresser les technologies et à contribuer à la sécurité aérienne. L’avenir de la sécurité en dépend.

À la prochaine, et restez curieux, tout le monde.

Seth


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